YEP, WE CAN

mercredi 31 mai 2017

Le Président Obama ne nous en voudra, sûrement pas, d’avoir paraphrasé son fameux slogan de campagne tant il est vrai que la capacité du Rotary, à gérer la jeunesse du monde, est devenue une seconde nature !

 

Notre mouvement est, certes, actif sur beaucoup de fronts dans le domaine du service vers autrui, mais le programme relatif à la jeunesse est le « combat » que j’ai, résolument, choisi de servir, depuis mon entrée au RC de La Louvière.

 

Mon « aventure » de YEO y a commencé, voici 9 ans déjà, au moment où les anciens responsables « jeunesse » m’ont remis une « grosse » farde de documentation en me disant : « Tiens, Gigi, t’as une tête à bien t’occuper du YEP, tu verras, c’est facile (sic) ! ». Avec le recul, je me dis que l’optimisme et le positivisme sont, en effet,  les vertus cardinales du programme d’échange Rotarien.

 

Mes débuts furent timides car je découvrais un monde totalement inconnu. Le vocabulaire presque ésotérique de ce programme avait de quoi surprendre : Yep, Yeo, Chairman, Inbound, Outbound,  Rebound, Garantee Form, Application Form, Selection Meeting, Rotex, Bresa, Host et Sponsor Districts, etc…

 

Les premières rencontres avec les candidats potentiels et leurs familles furent gérées avec un « ancien », plus rompu que moi à  ce genre d’exercice. Et au fur et à mesure des rencontres et des partages d’expériences au sein de mon club et avec d’autres, je commençais à me faire une idée plus précise de ce que le programme YEP pouvait (devait) être. Une extraordinaire opportunité de faire rayonner le Rotary en faisant tomber les frontières des pays, par un véritable accueil de la « différence » et de la « richesse » du monde.

 

C’est donc tout naturellement que mon intégration dans l’équipe du D1620 se fit en 2010, par une entrée en matière, quelque peu, « fracassante ». Deux bras cassés en essayant de suspendre le drapeau belge pour le « Welcome Meeting ». Comme quoi, n’est pas bricoleur qui veut !

 

Dire que mon arrivée, au sein de la commission jeunesse du D1620, fut une révélation, serait être en dessous de la réalité tant la compétence, la motivation et l’implication, de tous les instants, du staff, emmené, de main de maître, par Brigitte Henry, Eric Van Leliendael et Dany Baltus furent des facteurs extraordinairement motivants.

 

Les circonstances ont voulu, qu’après diverses fonctions au sein du Comité, l’honneur de reprendre la fonction de « Chairman Inbound » me fut été octroyé en ce début d’année 2017.

 

A ce sujet, qu’il me soit permis de rendre hommage à un homme extraordinaire que la maladie a, malheureusement, durement frappé, depuis quelques mois : Éric Van Leliendael, que d’aucuns, appellent, affectueusement, Mr « Henry », tant il forme avec son épouse Brigitte, une équipe de choc et de choix incarnant le programme YEP du D1620 depuis de nombreuses années.

 

Éric aura marqué, à vie, des générations de YEP IN ! Souhaitons-lui un prompt rétablissement.

 

Notre district D1620 gère, bon an, mal an de 60 à 70 candidats OUT et donc de 60 à 70 candidats IN. Gérer autant de jeunes, requiert une attention et implication de tous les instants. Ce programme engendre tout un écosystème dont la bonne marche est fonction d’un subtil équilibre entre une discipline auto-consentie et une gestion harmonieuse des relations humaines.

 

  • Le premier acteur et générateur de l’aventure YEP est le jeune, lui-même, qui se doit de démontrer une motivation de tous les instants, avant et pendant son échange. Il ne doit pas oublier que son choix va transformer sa vie et celles des autres qu’il embarque dans son aventure.
  • Les parents ensuite, qui doivent être, de véritables soutiens sans être des instigateurs. Des challengers de la motivation de leurs enfants sans être des freins. Des « oreilles » attentives, prêtes à une écoute de tous les instants. Ils se doivent aussi d’être des « voix » apaisantes le cas échéant, en trouvant les mots qui encouragent lors des moments de doutes et de peines.
  • Le Rotary club et son YEO qui, lui, tout en étant bénévole, se doit d’éviter le piège de l’amateurisme dont la gestion d’un ou plusieurs jeunes (IN et OUT) ne peut se contenter. Le YEO doit être le personnage central du processus d’échange, un chef d’orchestre avec des qualités d’écoute, d’anticipation, de réactivité et de motivation dans toutes les circonstances. Rôle ingrat s’il en est ! Quand tout va bien, c’est normal. Quand il y a un problème, il doit le régler ! Ce sont les deux facettes évidentes de la fonction. 
  • Enfin, les Districts « Sponsors et Hosts » qui doivent mettre en œuvre, au niveau des structures, tout un ensemble de processus et d’intervenants, qui, in fine, permettent au programme d’échange, d’exister. Les qualités des membres du staff des districts peuvent se résumer en 3 mots : Proactif, Actif, Réactif !

 

Si on devait considérer le programme d’échange sous l’angle des pures mathématiques, on pourrait développer le raisonnement suivant : Un jeune qui part c’est un jeune qui arrive. Ce binôme, au niveau du D1620, se décline en 130 jeunes par an, en moyenne. Chaque jeune génère 3 familles d’accueil (à priori)…soit donc +/- 390 familles. Si chaque famille « moyenne » est composée de +/- 4 personnes, cela signifie que les 65  binômes ont un impact direct sur +/- 1600 personnes…..soit donc, en résumé, +/- 12 personnes (dans les familles) par jeune.

 

Chaque année, le Rotary gère, en moyenne, 8000 échanges de par le monde…cela donne le chiffre éloquent de près de 100.000 personnes sur lesquelles les jeunes YEP ont un impact direct…Sans compter les YEO, les conseillers, les responsables des districts, les membres de clubs, les écoles, les amis des familles d’accueil, les amis dans les clubs sportifs, etc.

 

Depuis que l’échange existe, le Rotary a donc, peu ou prou, influencé de manière directe, des millions de personnes sur les différents continents. Quand on fait ce simple constat chiffré, a-t-on vraiment le droit, en tant que Rotarien, responsable du programme ou pas,  de se contenter d’un service « à minima » ? Poser la question, c’est y répondre !

 

Force est de constater, et vous me pardonnerez cette approche, que le YEP est un formidable « produit d’appel » pour toute une génération de nouveaux Rotariens puisés dans le vivier des parents d’échange qui rentrent au Rotary, convaincus par l’extraordinaire influence que ce programme a eue sur la vie de leurs enfants mais aussi sur la leur.

 

 

Ceci dit, notre programme coule-t-il de source ? Le YEP est-il un long fleuve tranquille ? Certes non ! Certains aspects doivent faire l’objet d’une attention constante afin d’être « optimisés» de manière continue.

 

  • Les relations Clubs/Yeo avec le District
  • Intégration des Jeunes YEP IN et OUT dans les clubs, dans les écoles et leurs efforts pour s’exprimer dans nos langues respectives.
  • Discipline globale, pendant l’échange, des jeunes IN et OUT
  • Relations entre le D1620 et les autres districts de par le monde avec lesquels, nous rencontrons, parfois, quelques tracas dans les négociations.

 

C’est la raison pour laquelle, pour les 3 premiers points, je crois véritablement dans l’importance de la pédagogie et des sessions de formation des YEO. Je crois dans la qualité des hommes et des femmes qui acceptent cette mission. Il va sans dire que de leur travail de sélection des jeunes, en amont, dépend le reste du processus. De leur gestion au quotidien dépend la qualité de la relation avec les jeunes et les familles. Le partage d’informations et d’expérience est donc, clairement, un facteur de succès.

 

Ce qui m’amène à lancer, d’ores et déjà, l’invitation pour la désormais fameuse session de formation de Ghislenghien qui sera, cette année, placée sous le signe du « quotidien » du YEO. Elle aura lieu le samedi 23 septembre 2017. Invitation suivra !

 

Que sera le futur du programme YEP ? Il sera ce que tous, ensemble, nous en ferons.

 

Ne nous trompons pas. L’échange est un processus complexe qui doit gérer tout un ensemble d’aspects administratifs, faire face à des caractères et des personnalités différentes. Et tout ne va pas de soi. On voit poindre une génération (encore rare heureusement) de « consumers », que ce soit dans le chef des jeunes candidats ou des parents qui considèrent, parfois, le YEP, comme un simple produit commercial, avec les dérives inhérentes à ce genre d’attitude. Ils oublient souvent leurs « devoirs » au profit de leurs « droits » !

 

A nous de leur prouver le contraire en faisant ressortir l’extraordinaire richesse de la connaissance de l’autre et du partage des cultures. A nous de leur montrer combien un échange peut transformer la vie de ceux qui le vivent avec leurs tripes. Des jeunes partent timides et reviennent pleins d’assurance. Des jeunes partent hésitants  sur leur futur et entament, en revenant, une carrière professionnelle ou un cursus estudiantin brillant. Des jeunes partent « enfants » et reviennent « Hommes et Femmes » prêts à affronter la vie.

 

Soyons tous, Clubs et Districts, de véritables « volontaires bénévoles » investis dans ce rôle d’éducateurs motivés et convaincus que le plus beau des salaires, c’est un jeune qui nous dit un simple merci avec des yeux pétillants de bonheur, c’est un jeune qui nous écrit un mot de reconnaissance pour lui avoir donné « sa chance », c’est un jeune qui nous adresse un sourire rayonnant signifiant que nous avons bien fait notre « job ». Ni plus, ni moins !

 

Continuons donc d’être les « faiseurs » de rêve. Soyons les « moteurs du possible » de tous ces jeunes qui nous sont confiés. Soyons des Rotariens fiers de leur implication. Et je gage qu’avec tous ces éléments mis bout à bout, le fameux slogan, que les étudiants ne se lassent pas de répéter, sera un credo à jamais démenti :

« Le Programme YEP du Rotary, ce n’est pas un An dans une Vie mais une Vie dans un An » !

 

Giuseppe (Gigi) Canale / RC La Louvière / Chairman Inbounds D1620